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Les jeux psychologiques en entreprise

Quelque chose me dit que cet article va au moins faire partie du TOP 3 des billets les plus lus de ce blog… Hé oui, nous sommes très nombreux à nous faire parasiter notre bien-être au travail par des relations qui nous y rendent la vie inconfortable. Et la volonté d’améliorer une relation est un angle de coaching très courant pour les clients qui viennent se faire accompagner par mon cabinet.

Qu’est-ce qu’un jeu psychologique ?

Les jeux psychologiques sont des formes inconscientes de manipulation qui ont lieu entre les gens. Il n’y a pas que le fameux « pervers narcissique » (très à la mode) qui installe ce genre de fonctionnement : Nous mettons potentiellement tous un jeu psychologique en place lorsque nous ne parvenons pas à installer un autre mode de relation avec l’autre (ou les autres), et qui serait davantage basé sur ce que l’Analyse Transactionnelle appelle l’« intimité » (un mélange d’échanges et de confiance réciproques qui nous apporterait les signes de reconnaissance attendus).

Pourquoi mettons-nous en place les jeux psychologiques avec les autres ?

Mettre en place un jeu psychologique, c’est donc « obtenir un bénéfice de la relation, mais de manière détournée », par exemple :

  • Pour obtenir des signes de reconnaissance

Donc quand il n’y a pas d’intimité possible mais que l’on souhaite tout de même obtenir les sacro-saints signes de reconnaissance que nous attendons, nous entrons dans la manipulation, histoire d’obtenir un retour coûte que coûte. Car rappelons que pour l’Analyse Transactionnelle, il vaut mieux obtenir un signe de reconnaissance négatif que pas de signe de reconnaissance du tout. Exemple : « Quand je provoque un conflit, j’existe ». Tout simplement.

  • Pour retrouver le contact avec l’autre

Nous installons un jeux psychologique quand nous nous sentons ignoré par l’autre et que nous avons besoin de retrouver le contact avec lui. Par exemple comme dans le triangle de Karpman, en nous transformant tantôt Persécuteur, tantôt en Sauveur, tantôt en Victime : « Viens je te paye un café, j’ai plein de choses à te raconter, mon boss me mène la vie impossible et je ne vais pas bien… »

  • Pour prendre le pouvoir

Quand une personne veut (re)prendre le contrôle sur un individu ou un groupe, elle installe un jeu psychologique. C’est par exemple le cas typique du manager dont le manque de légitimité ressentie par lui-même, ou l’incapacité à affirmer son autorité sainement, le fait déraper dans ses pratiques managériales (en donnant du feed-back cassant, en faisant de la rétention d’information, etc.)

  • Pour ne pas prendre ses responsabilités

Quand on impulse un jeu psychologique, c’est que nos compétences du moment ne nous permettent pas de régler une situation ou à en sortir de manière constructive. Alors on met la poussière sous le tapis, on contourne, on détourne le problème pour le transformer et créer un dérivatif.

  • Pour régler les conflits d’une mauvaise manière

Parce que tout le monde n’est pas égal devant la résistance et la gestion des conflits, et pour en sortir, certains auront besoin d’aller vite, sans se créer de trop gros risque émotionnel. Du coup, entrer dans un jeu est facile et immédiat.

  • Parce qu’on est une « bonne personne »

Hé oui, pas facile de maintenir une relation saine et fructueuse si l’on n’affirme pas ses besoins par peur de heurter l’autre. Du coup, on préfèrera entrer dans le rôle de Victime ou Sauveur au lieu de régler un problème de front, en affirmant ses besoins par exemple.

Le danger des jeux psychologiques en entreprise

Il existe plusieurs degrés de jeux, en fonction de leur niveau d’impact :

  • Au premier degré : Le jeu se joue à découvert. Il débouche sur un inconfort passager, puis se règle. Exemple : Une prise de bec en réunion d’équipe.
  • Au second degré : C’est pour ce type de situation que l’on fait appel à un coach. C’est un jeu un peu plus installé dans le temps, qui se joue plutôt en privé, entre deux collaborateurs par exemple, mais qui n’a pas de conséquence irréversible si un travail sur la relation et la situation sont menés. Exemple : Deux collaborateurs en concurrence pour un poste ou un projet, et qui se saperaient l’un l’autre de manière récurrente, ce qui nuirait à la bonne marche de l’entreprise.
  • Au troisième degré, là on se trouve dans des choses plus graves. D’ailleurs je fais le pont avec ce brillant film de Mélanie Laurent que j’ai vu récemment, Respire, et qui illustre parfaitement le jeu psychologique de troisième degré qui s’installe entre deux jeunes filles sur un fond de chantage et de harcèlement et qui (attention spoiler !) se termine par la mort de l’une d’entre elles. Sur le même fonctionnement et si vous aimez la musique, on a Whiplash aussi (pur chef d’oeuvre). Sans aller jusqu’à la mort (quoique) et appliqué à l’entreprise, le jeu de troisième degré peut mener au licenciement par exemple.

Vous reconnaissez-vous dans l’un de ces fonctionnements ? Rassurez-vous, revenir à un fonctionnement relationnel simple, sain, direct et bon pour l’entreprise, ça se travaille. Consultez-nous pour connaître nos différents modes d’intervention.

Si vous souhaitez en lire davantage sur le sujet, je vous invite à commencer directement par Eric BERNE :

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2 thoughts on “Les jeux psychologiques en entreprise

  1. Bonjour, décidemment j’aime bien vos articles et le sujet de celui-ci en particulier. Les jeux psychologiques sont monnaie courantes en entreprise. Cela parle aussi des stratégies que nous avons mise en place pour exister dans notre vie…et que
    nous continuons à jouer indéfiniement avant une prise de conscience…
    Il nous manque maintenant la suite…pour savoir comment ne pas rentrer dedant ou comment en sortir.
    Merci du partage,
    Corinne

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