Analyse transactionnelleManagement

Le concept de « structuration du temps » en management

Comme nous l’avons vu dans mon précédent billet intitulé « Comment donner des signes de reconnaissance au travail ?», recevoir ces signaux, ces témoignages de notre existence dans les yeux de l’autre (appelés aussi des « strokes »), est fondamental pour notre équilibre, et notamment dans notre environnement professionnel.

Le besoin de signes de reconnaissance fait partie des trois grandes soifs que décrit Eric BERNE, père de l’Analyse Transactionnelle, à savoir : La soif de structure, la soif de signes de reconnaissance, la soif de position de vie.

La structuration du temps en Analyse Transactionnelle

En fait, les soifs de structure et de signes de reconnaissances sont intimement liées, puisqu’avec le concept que je vais vous présenter en suivant, et qui s’appelle LA STRUCTURATION DU TEMPS, vous allez voir que si l’on a besoin de structure dans notre journée ou dans notre relation aux autres, c’est pour mieux ordonner, organiser et équilibrer le don/la réception de ces fameux signes de reconnaissance qui nous nourrissent et dont nous avons tant besoin.

Les six façons de structurer son temps

Il existe six façons de structurer son temps, donc de prévoir de l’espace pour échanger, donner et recevoir des signes de reconnaissance. Elles sont ordonnées dans un ordre croissant, en commençant par la moins risquée/impliquante. Il y a donc :

  • Le retrait

C’est le temps de l’isolement physique ou mental, le temps du ressourcement, du repos, de la réflexion. C’est le choix de certains membres de votre équipe lorsqu’éclate un conflit ouvert ou un désaccord fort en réunion. Ils se taisent, se désengagent de la discussion pour un temps, s’isolent dans leurs pensées. Ils évitent ainsi de recevoir un signe de reconnaissance négatif.

  • Le rituel

Le rituel est le temps de la « convention sociale attendue et complètement prévisible ». Il est là pour rappeler la socialisation. C’est le temps des salutations par exemple. Ce moment où l’on échange des signes de reconnaissances la plupart du temps positifs, où l’on se salue (donc où l’on se reconnait) avant de démarrer une réunion. Le risque et l’implication émotionnelle sont minimes… (à moins que quelqu’un ne refuse de vous serrer la main…et là, on est dans un autre temps, celui du jeu psychologique que nous verrons plus loin)

  • Le passe-temps

Le passe-temps est aussi une façon de structurer le temps qui est peu impliquante et émotionnellement peu risquée, même si elle n’interviendra qu’entre les gens qui auront envie de poursuivre la relation un cran au-dessus par la suite (via l’intimité ou le jeu psychologique). Ce sont les petits groupes ou binômes qui se formeront naturellement autour de la machine à café pour parler de la pluie et du beau temps. Ce temps est indispensable, c’est celui du lien social. Il est partiellement codifié, tout comme le rituel.

  • L’activité

C’est le temps de la coopération. Celui du travail et de la production. L’activité est orientée vers l’atteinte d’un but commun. C’est le temps de l’Etat du Moi ADULTE. Les échanges de signes de reconnaissance sont nombreux, mais l’implication émotionnelle n’est pas prioritaire.

  • Le jeu psychologique

Et là, les choses sérieuses commencent, parce que le niveau de risque de recevoir des signes de reconnaissance négatifs augmente considérablement. Le temps du jeu psychologique s’installe quand le but caché de la relation est d’obtenir un bénéfice psychologique sur l’autre, par exemple par l’instauration d’une position de victime ou de persécuteur par l’un des interlocuteurs. Rappelons que pour BERNE, un signe de reconnaissance négatif reste nourrissant, et vaut davantage que pas de signe de reconnaissance du tout…donc le jeu psychologique est le mode aimé de ceux qui ne sont pas outillés pour créer l’intimité. Il est courant en entreprise, notamment dans les interactions hiérarchiques.

  • L’intimité

C’est la façon la plus riche  et créative de structurer son temps relationnel. C’est le temps où l’on implique toute sa confiance dans ses interactions sociales. L’intimité est donc risquée et non prévisible, c’est pourquoi elle est aussi plaisante que source de peurs. C’est le temps de l’amitié entre collègues, par exemple. Tous les Etats du Moi peuvent s’y exprimer librement.

Le dirigeant ou le manager doit être attentif à ces différents temps lorsqu’il organise une interaction sociale dans son entreprise, dont l’exemple le plus net est celui de la réunion d’équipe. Tous ces modes de structuration du temps doivent avoir la possibilité de s’exprimer dans la vie relationnelle du groupe.

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Vous souhaitez en savoir davantage sur l’Analyse Transactionnelle ? Lisez Eric BERNE, en commençant par ce classique :

 

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