Management

Comment donner des signes de reconnaissance au travail ?

Donner des signes de reconnaissance au travail

 

Si je vous demandais « De quoi avez-vous besoin de la part des gens qui vous dirigent au travail ? », quelle serait votre réponse ?

  • Qu’ils me payent ?
  • Qu’ils donnent du sens à ce qu’ils me demandent de faire ?
  • Qu’ils me fassent confiance ?
  • Qu’ils me reconnaissent, ou qu’ils reconnaissent mon travail ?

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, parce que finalement chacun cherche un peu tout ça à des niveaux différents. C’est ce que je constate depuis deux ans dans mon cabinet de coaching de carrière où les particuliers nous consultent pour accompagner leurs envies de changement. Souvent, une envie de changement a pour source l’un ou plusieurs de ces besoins, qui n’est pas ou plus nourri. Ce qui rend une situation professionnelle insatisfaisante.

Les besoins psychologiques à satisfaire pour être bien au travail

Il existe plusieurs théories des besoins (et donc des sources de motivation). La plus connue est sûrement celle de la pyramide de Maslow auquel je consacrerai un prochain article, mais Eric BERNE aussi, le « papa » de l’Analyse Transactionnelle, a proposé la sienne.

Il pense que l’être humain a trois grandes soifs à assouvir, notamment au travail, pour que ses besoins soient satisfaits. Et s’ils ne sont pas satisfaits, l’individu cherchera des solutions (plus ou moins appropriées en fonction de ses moyens) pour les satisfaire. Il y a :

  • La soif de position de vie
  • La soif de structure
  • La soif de signes de reconnaissance

Les signes de reconnaissance au travail

Les signes de reconnaissance sont aussi appelés « strokes ». Il en existe différents types :

  • Des verbaux, qui sont explicites (« Bravo, bon travail ! »…)
  • Des non verbaux, qui s’expriment autrement que par les mots (Tape sur l’épaule, écoute attentive…)
  • Des positifs, qui font du bien (clin d’œil, « Merci pour tout »)
  • Des négatifs, qui sont désagréables à recevoir (« Tiens, tu as fait une erreur, pour changer… »)
  • Des conditionnels, qui portent sur une action ou une attitude (« Le dossier que tu m’as rendu hier est vraiment de qualité »)
  • Des inconditionnels, qui portent sur la personne que l’on est (« Tu es quelqu’un de formidable ! »)

A noter qu’un stroke négatif est considéré comme un signe de reconnaissance, car quoi qu’il en soit, c’est un feed-back. Pour BERNE, un feed-back négatif est toujours plus nourrissant que pas de feed-back du tout, et les strokes sont indispensables à la vie de groupe.

L’utilisation des signes de reconnaissance en management

Tout le monde n’est pas égal devant le don de signes de reconnaissance, que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel. Chacun son histoire, son cadre de référence. Parfois il est même difficile pour certains d’entre nous de recevoir et d’accepter des signes de reconnaissance positifs.

N’empêche qu’en tant que manager, comprendre en quoi la présence de signes de reconnaissance est utile pour faire avancer ses collaborateurs peut constituer un vrai coup de pouce. Voici lesquels utiliser et pourquoi :

  • Le stroke positif conditionnel pour faire gagner en confiance en soi

C’est celui que l’on envoie pour donner un feed-back satisfait sur une action ou une attitude du collaborateur : « Je suis contente de ton travail avec ce client, tes résultats parlent d’eux-mêmes, bravo ». Il est relatif à du factuel, du concret, et envoie le message « tu es capable de faire ». Il est donc directement lié au renforcement de la confiance en soi des gens qui travaillent avec vous, car il porte sur le « faire ».

  • Le stroke positif inconditionnel pour renforcer l’estime de soi

C’est celui que l’on envoie pour donner un feed-back satisfait sur ce que la personne est de manière intrinsèque, et pour ce qu’elle porte : « Vous êtes un bon élément, je suis ravi de vous avoir embauchée ». Ce stroke ne se base pas sur du factuel, mais plutôt sur la valeur brute de la personne. Ce feed-back porte non pas sur le « faire », mais sur « l’être », et va donc agir directement sur le renfort de l’estime de soi chez le collaborateur, et sur la valeur qu’il s’accorde (attention, processus super puissant !!)

  • Le stroke négatif conditionnel pour indiquer une marge de progrès

C’est celui que l’on envoie pour donner un feed-back insatisfait sur une action ou attitude du collaborateur : « Ce que vous avez obtenu dans cette négociation n’est pas à la hauteur des objectifs fixés ». Tant qu’il porte sur du factuel et qu’il reste dénué de tout jugement de valeur, il peut être utilisé. Il doit déboucher sur des pistes d’amélioration à trouver ensemble, et peut être complété par un encouragement à faire mieux la prochaine fois.

  • Le stroke négatif inconditionnel, UTILISATION INTERDITE

Que nous n’expliquerons pas ni n’utiliserons en management, vous comprendrez aisément pourquoi.

En conclusion, les signes de reconnaissance au travail doivent être donnés, ont le droit d’être acceptés, parfois même d’être refusés s’ils sont négatifs inconditionnels. Ils peuvent aussi être demandés si besoin, et surtout, ils ont l’autorisation  d’être donnés à soi-même si l’on en manque 🙂

Si vous voulez aller plus loin en lecture sur l’AT, et que vous n’aviez qu’un ouvrage à lire, je vous inviterais à choisir celui-ci :

Partagez...Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInPin on PinterestEmail this to someonePrint this page

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *