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Ce que le coaching professionnel n’est pas

En tant que bonne ex-marketeuse, je me suis faite une remarque l’autre jour en tombant sur (en regardant) une ènième émission dite « de coaching » sur M6 : Les émissions de coaching, c’est vraiment le dada de cette chaîne, en termes de stratégie éditoriale. Et ça a l’air de bien fonctionner, d’ailleurs. Entre les coachs qui apprennent aux gens à s’habiller, à maigrir, à être belle toute nue, à acheter une maison, à trouver l’amour, à éduquer leurs enfants, ou à chanter…on ne manque pas de bons conseils et de modèles à suivre…

Mais au détour d’un dernier« tu es manifaaaïk ma chèèrie », vint le temps pour moi de la réflexion un peu inquiète… Qu’est-ce que le grand public entend par le terme de « coach » ? Le coach est-il perçu comme un personnage fantasque, tout-puissant sur son sujet, prenant l’ascendant sur son coaché, capable de le sauver d’une situation qui ne lui plairait pas, puis de sortir de sa vie et le laisser tout seul avec son armoire d’habits moches, ses enfants désobéissants et sa solitude sentimentale ?

Le coaching tel que je l’ai étudié dans un IAE, appris ensuite par une formation continue en Analyse Transactionnelle notamment, et tel que je le pratique aujourd’hui avec mes clients, ne ressemble pas du tout à cette caricature. Alors j’ai eu besoin de clarifier et d’expliquer dans ce billet ce que le coaching professionnel n’est pas…

Le coaching professionnel, une profession florissante

Il y a beaucoup de coaches sur le marché à l’heure actuelle, parce que s’installer en tant que coach ne demande pas, sur le papier, de diplôme particulier. En effet, la profession de coach n’est pas (encore) réglementée. Donc il est facile et accessible à tous de s’installer et de se dire coach. Certains diront que le coaching est une mode. Ici on pense que c’est une tendance durable…et on écrira bientôt un billet sur le sujet.

Notre définition du coaching professionnel

Le coaching professionnel, sur le mode individuel, est un accompagnement en face-à-face ou à distance, qui a lieu entre un coach, et une personne coachée, qui a émis une demande d’accompagnement en vue de la réalisation de son (ses) objectif(s) professionnel(s).

Cet accompagnement est basé sur une série d’entretiens individuels, selon les modalités qui auront été fixées par un contrat qui lie ces deux parties.

Le coach est spécialiste non pas du métier ou de la problématique de son client, mais de la manière de laquelle il lui fera trouver ses propres solutions, pour le rendre autonome. On dit donc que le coach est spécialiste du « processus » d’accompagnement, et non du « contenu » (du sujet) de l’accompagnement.

Le coaching n’est pas une thérapie

Même s’il peut permettre d’améliorer considérablement une situation professionnelle inconfortable, le coaching n’est pas une thérapie. Certains coaches ont une formation de thérapeute, alors que d’autres sont issus du monde de l’entreprise. Quel que soit son background professionnel, le coach n’est pas thérapeute quand il est en situation de coaching. Les modalités et les compétences exprimées sont différentes. En coaching, le contrat définit dès le départ notamment le début, la fin, et l’objet de l’accompagnement. Le coaching aide à sortir de situations d’inconfort, alors qu’à notre avis, l’intervention d’un psy traite plutôt des situations de souffrance.

Par exemple, notre cabinet de coaching n’accompagne pas les clients souffrant de burn-out. En revanche, quand le patient d’un psy sort de son burn-out et veut redéfinir son projet professionnel, ou réintégrer son entreprise avec une confiance optimale, il est le bienvenu chez nous.

Le coaching n’est pas du conseil

« Quand le client a faim, le consultant lui offre du poisson, alors que le coach lui apprend plutôt à construire sa canne à pêche ». Cette métaphore bien connue des coaches est très vraie : Le consultant est un expert du « contenu » (il connait le métier, la problématique du client, et propose des solutions pour les résoudre), alors que le coach est expert du « processus » (il connaît la façon d’amener le client à trouver ses propres solutions, et à devenir autonome pour les prochaines fois où il aura un problème). Toutefois, chaque coach a sa propre façon de fonctionner : Le coach est libre d’apporter une part de conseil à son client, s’il est sûr de disposer de l’expertise pour le faire et tant que c’est aidant et non dommageable pour la personne coachée.

Le coaching n’est pas de la formation

Selon la définition du petit Larousse la formation est «  l’action de donner à quelqu’un, à un groupe, les connaissances nécessaires à l’exercice d’une activité ». Un formateur est donc aussi un expert du « contenu » car dispose de connaissances qu’il transfère. Alors que le coach, en bon maïeuticien, reste fidèle à l’adage bien connu de son père Socrate : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Néanmoins, selon son identité de coach (ses caractéristiques personnelles injectées dans ses accompagnements), il pourra parfois partager avec son client des points théoriques, et s’en servira comme base de travail, afin de faire émerger des idées/réponses. C’est le cas par exemple des coachs analystes transactionnels.

Donc pour récapituler :

Oui, le coaching individuel est basé sur l’écoute et propose un espace de parole dédié au coaché, MAIS ça n’est pas une thérapie.

Oui, le coaching individuel est exercé par un coach expert, MAIS un expert en « processus », et non pas en « contenu ».

Oui, le coaching individuel développe les compétences du client, MAIS selon un processus qui n’est pas « descendant » comme pourrait-l’être celui de la formation.

Partagez-vous cette vision du métier ?

Vous souhaitez faire coacher un collaborateur qui se trouve actuellement en difficulté ? Contactez-nous au 06 98 65 77 51 pour en savoir plus sur nos accompagnements.
Vous voulez en savoir davantage sur le métier de coach ? Commencez par ce classique :

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6 thoughts on “Ce que le coaching professionnel n’est pas

  1. Très bon rappel sur notre profession du coaching individuel. Peut être aurais tu pu développer le coaching d’équipe et d’organisation. Ou alors cela fera partie d’un autre article? En tout cas je me régale à lire tous tes articles.
    Au plaisir d’échanger Bérengère.
    Bruno Gillet

    1. Merci Bruno ! Alors effectivement, je ne développe pas les notions d’équipe et d’organisation, tout simplement parce que ça n’est pas ma spécialité, et que j’y suis moins compétente. Mais j’y bosse !(vive la TOB!) 😉

  2. Merci pour cet article très pertinent ! Merci aussi pour ces belles métaphores que je vais partager.
    Belle journée !

  3. RE Bonjour Ma petite pierre ?
    Le coaching n’est pas non plus une relation, et/ou des échanges amicaux, malgré la bienveillance et l’aide que le coach offre. S’il prend en compte le coach ne prend pas en charge et son affect est bien à l’abri de lui-même. Son écoute n’est pas une écoute lénifiante de l’autre, mais la mise en perspective professionnelle du coaché à travers ses compétences et ses non compétences. La conscience professionnelle du coach lui « intime » (terme ambigu) de ne pas glisser dans l’intime et de mettre un terme à la relation, sa mission contractuelle terminée.

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