Une grande entreprise peut-elle innover comme une startup ?

D’après nous, les conditions de la performance d’une entreprise sont réunies lorsque celle-ci réussit à fabriquer et faire fonctionner le trio « Innovation-Créativité-Engagement ».

Et d’après nous encore, c’est au dirigeant et à la fonction RH qu’incombe en premier lieu la possibilité d’impulser le fonctionnement de ce trio, à travers notamment leurs actions de recrutement, de développement des compétences, de management et de stratégie.

Ainsi l’entreprise saura s’adapter et se transformer, notamment dans la révolution numérique. Dans la vidéo à suivre, Oussama AMMAR, le co-fondateur de l’accélérateur de startup The Family nous propose son angle de décryptage de la transformation digitale, qui oppose les entreprises dites traditionnelles aux startups, sur le thème notamment de leur capacité à croître par l’innovation. Cette vidéo de sa conférence à l’EM Lyon dure 50 minutes alors je vous livre ici ses points clés.

Une startup ne se définit pas par sa capacité à innover

Une start-up ne se définit pas par sa capacité à innover, mais bien par sa capacité à fabriquer de la croissance. Ainsi, un ADN de startup est capable de faire exploser des chiffres de manière inattendue et exponentielle. Par exemple, UBER a su faire passer un parc de zéro à 3 millions de véhicules dans le monde en 5 ans.

Une entreprise traditionnelle, quant à elle, imagine et bâtit sa croissance sur un plan à 1 an, à 5 ans. Elle ne pilote donc pas dans le même espace-temps qu’une startup souvent plus flexible, plus réactive, moins soumise à une lourde chaine de décision, et moins encline à prendre des risques.

Recrutement : les grands groupes ne peuvent pas attirer et garder les Rockstars

Les entreprises traditionnelles  aimeraient, mais ne savent pas aujourd’hui attirer les Rockstars dont ils auront besoin demain. Entendons par Rockstars ces talents spécifiques, singuliers et rebelles qui amènent la rupture (et qui finiront souvent par se diriger au final vers entrepreneuriat, car ne veulent/savent pas entrer dans les cases que le modèle traditionnel leur propose).

Ces Rockstars sont ces personnes assez animées par la notion de risque pour savoir un jour mettre au monde des empires bâtis à la base sur de « mauvaises idées ». Et puis même si ces talents  étaient recrutés dans ces grandes entreprises, ils n’y resteraient pas longtemps, et pour plusieurs raisons :

  • Le recrutement dans les grandes entreprises est basé sur des diplômes et sur des compétences et de l’expérience, attendus et décrits sur une fiche de poste, et non sur les seules APTITUDES d’un candidat.
  • Ces profils entrepreneurs/startupers sont drivés par la liberté, le travail, l’ego, la passion et les choix déraisonnables, ce qui est aux antipodes du cahier des charges des entreprises traditionnelles.

Recruter un Chief Digital Officer (CDO) pour mener la transformation digitale

Pour s’adapter à la révolution numérique et transformer l’entreprise en ce sens pour qu’elle puisse s’adapter à demain, le poste de Chief Digital Officer s’est créé. C’est un peu un accélérateur/évangéliste du changement dans l’entreprise, qui va pouvoir chapeauter l’orientation digitale de celle-ci, et en partager la culture en interne. D’après Oussama AMMAR, il n’est pas un bon calcul d’avoir créé ce type de poste comme une fonction support, car d’après lui, c’est le dirigeant lui-même qui doit porter cette vision et ce projet (et moi d’ajouter « pour ne pas que cette fonction devienne un alibi ou un gadget…»).

L’innovation passe par le savoir, qui s’acquiert d’une nouvelle manière

« Le savoir est devenu une commodité ». Entendons par commodité une information accessible et facile à utiliser, avec laquelle on va pouvoir faire quelque chose de pratique. Ainsi le savoir est aujourd’hui en accès libre et gratuit sur Youtube ou sur des plateformes de MOOC en ligne.

C’est par l’acquisition de compétences glanées de cette façon que deux fils d’agriculteurs ont créé la startup Agricool, qui met à disposition des containers dans lesquels sont cultivées des fraises bio et locales pour la vente, en plein cœur des villes. Croyez-vous que les départements innovation et méthodes de grands groupes comme Monsanto auraient eu cette idée pour y trouver de nouveaux relais de croissance ? Non. La grande entreprise est souvent très attachée à ses compétences traditionnelles pour conserver son revenu selon le modèle qu’elle connait.

Le changement et l’innovation ne peuvent pas être anecdotiques

L’entreprise doit être pénétrée de toute part par ce projet de croissance par l’innovation et de transformation que lui demande la révolution numérique pour sa survie. Cela implique des changements de pratiques et de comportements, mais bien plus profondément, un changement d’identité. Ce changement est douloureux, il est difficile, il est long. C’est celui que Kodak n’a pas voulu opérer, et qui l’a fait passer à une valeur zéro en un an, tout ça parce qu’elle n’avait pas voulu évoluer, s’adapter. Alors que c’était bien elle, qui avait inventé la photo numérique au départ.

La révolution numérique est un tsunami. Et quand un tsunami passe, « il rase tout, il change tout ».

L’adaptation aux comportements de demain (qui commencent aujourd’hui !) et liés au numérique sont difficile mais indispensables. Pour faire évoluer les compétences nécessaires dans votre entreprise, vous devez avoir un plan. Nous pouvons vous aider à imaginer et déployer ce plan, pour changer votre ADN et emmener vos salariés avec vous sur cette Arche de Noé. Contactez-nous !

Et si vous voulez aller plus loin dans la lecture sur le thème de l’innovation, je vous conseille cet ouvrage qui vous éclairera sur la notion de « disruption » :

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Á propos de l'auteur: Bérangère Touchemann

Bérangère Touchemann est l'heureuse fondatrice du cabinet de coaching professionnel Touchemann & Co, qui forme et accompagne les managers, dirigeants et collaborateurs à potentiel dans le développement et la croissance de leur entreprise par ses Femmes, ses Hommes et ses équipes. Comme Charles Darwin, elle pense que l'organisation qui survivra ne sera pas forcément la plus forte, mais celle qui aura su s'adapter...

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