Le parallèle entre l’éducation des enfants et le management

Quand mon mari et moi attendions notre petite Valentine, nous nous sommes posés sérieusement les questions relatives à la meilleure façon pour nous de faire grandir notre enfant, à savoir quel projet éducatif nous avions envie de mener avec elle.

Une certaine vision de l’Education

Nous avons établi que nous partagions grosso modo la même vision des choses sur ce que nous voulions que notre fille soit à l’âge adulte : Une adulte autonome, responsable, sécurisée, et confiante. En ce sens, nous avons envie de lui transmettre les valeurs qui sont importantes pour nous, car ce sont celles que nous estimons les bonnes, aujourd’hui. Maintenant, dans la manière de mener à bien notre mission de parents en ce sens pour les années qui viennent, nous avons aussi compris que nos styles seraient différents…

Bref, des parents, quoi.

L’éducation positive et le management

Vous l’avez peut-être repéré dans mes mots : Pour parler de l’Education d’un enfant, on utilise en fait le même champ lexical que celui du management (et du leadership) : vision, projet, mission, valeurs, autonomie, confiance, direction, sens, style…

Et comme personnellement, je crois très fort à la force de l’Education positive et que je dévore des bibliothèques entières sur le sujet en ce moment, je n’ai pas pu m’empêcher d’établir le parallèle entre le concept d’Education positive, et le Management tel que je l’entends.

Reconnaissance et gratitude

L’éducation positive nous propose de féliciter, d’applaudir, d’acclamer et de remercier notre enfant dès que l’occasion se présente.

Transposé à l’entreprise, c’est ce qu’on appelle « donner des signes de reconnaissance positifs conditionnels ». C’est ce que je crois être une expression de la justice et de la bienveillance dans une équipe : Quand quelqu’un fait quelque chose de bien, on doit le lui dire, le féliciter, le remercier. C’est juste normal, et c’est juste poli.

Pour y arriver (car la pratique ne parle pas à tout le monde 😉 ), certains managers doivent par exemple travailler leurs représentations du Travail, du Management et de l’Equipe. J’ai en tête ce manager qui a pour croyance que les remerciements et les félicitations sont superflus, sachant que quand son collaborateur fait quelque chose de bien, « c’est la moindre des choses, et il est payé pour ça ».

Cohérence et alignement

Un autre principe de base de l’Education positive, est de se montrer en cohérence dans ses règles et ses attentes, et de récompenser les comportements positifs qui vont dans leur sens. Ainsi, le parent affirme une autorité incarnée, saine et sécurisante pour l’enfant.

De la même façon, le challenge pour le manager ou le dirigeant, est d’adopter une posture alignée, où il incarnera et fera pour lui-même ce qu’il demandera à ses collaborateurs, le tout en ligne avec les objectifs de l’entreprise. Il doit donc être exemplaire, pour susciter la confiance et le respect de ses collaborateurs.

J’ai le souvenir d’un dirigeant qui me racontait devoir systématiquement faire preuve d’autorité en réunion car il y avait toujours un collaborateur qui y arrivait en retard. Et justement, il se trouve que ce même dirigeant est lui-même arrivé en retard à nos trois premiers rendez-vous. Tiens donc…

Donner des signes d’affection et de reconnaissance…physiques

Bon par contre, les marques d’affection physiques, même si elles sont super sécurisantes pour les bébés, ne sont pas appropriées en entreprise 😉 N’empêche que de matérialiser les traces écrites de sa reconnaissance en tant que manager a de la valeur. Hé oui, « quand  les paroles s’envolent, les écrits restent ».

C’est d’ailleurs peut-être ça, le problème : J’ai vu des cadres ne pas se mouiller dans le don de signes de reconnaissance par mail envers leurs collaborateurs, pour éviter de constituer une preuve de leur bon travail…et de se mettre peut-être dans la posture de devoir leur accorder un signe de reconnaissance plus important dans le futur (augmentation, délégation…).

C’est dommage, quand on connait les bénéfices du don de signes de reconnaissance sur la motivation et l’engagement. Finalement, c’est ça aussi, le courage managérial…A méditer.

Eviter tout signe de colère

Si vous vous mettez en colère contre votre enfant, il ne va certainement pas se calmer, et entrera lui aussi, dans des émotions inconfortables pour lui et pour vous. Même s’il est bon d’exprimer ses émotions, le calme et la bienveillance sont toujours les moyens de maintenir une situation dans la stabilité, et c’est pareil en entreprise.

J’ai en tête cette jeune diplômée qui s’était un jour fait aboyer dessus au téléphone par son N+1 parce qu’elle n’avait pas envoyé un mail dans les temps à un fournisseur. Et justement, ce N+1 était dans le bureau du fournisseur en question à ce moment-là. Typiquement, c’est le genre de sur-réaction qui va étouffer la communication dans la relation manager-collaborateur, pour peu que la personne victime de ces hurlements manque d’affirmation de soi. Et je ne vous parle même pas du niveau de confiance et de l’image que cela donne de l’entreprise…

Critiquer les comportements plutôt que les personnes

Selon l’Education positive, on ne dirait pas à son enfant « tu es égoïste », mais plutôt « tu n’as pas prêté ton jouet ».

J’aime bien ce point, parce que l’utilisation du « Tu es » peut vite se transformer en accusation sur ce que la personne « est », alors qu’il ne s’agissait que d’une action contextualisée. Les coachs parlent du « Tu qui tue ». Critiquer un comportement à l’instant T plutôt que ce qu’est la personne, permet de ne pas ranger les gens dans des tiroirs étiquetés, et d’intégrer que le progrès est toujours possible.

Il existe plein d’autres principes de l’Education positive qui vont de soi, comme « pas de fessée-pas de punition », pour lesquels je m’abstiendrai d’établir un parallèle (quoique, quand je pense à certains placards…).Les détracteurs de l’Education positive pensent qu’elle est surtout très utile à la culpabilisation des parents. Moi je trouve l’outil génial, et sa découverte vient enrichir ma vision du management et de mon métier de coach.

Si vous voulez en lire davantage sur l’éducation positive, d’après moi il n’y a pas mieux qu’Isabelle Filliozat, et ce classique qui pourra vous aider, à mon avis, à essayer autre chose pour manager et comprendre les personnalités difficiles qui travaillent avec vous :

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Á propos de l'auteur: Bérangère Touchemann

Bérangère Touchemann est l'heureuse fondatrice du cabinet de coaching professionnel Touchemann & Co, qui forme et accompagne les managers, dirigeants et collaborateurs à potentiel dans le développement et la croissance de leur entreprise par ses Femmes, ses Hommes et ses équipes. Comme Charles Darwin, elle pense que l'organisation qui survivra ne sera pas forcément la plus forte, mais celle qui aura su s'adapter...

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