Comprendre et communiquer avec les « positions de vie »

Dans la série des besoins fondamentaux de l’être humain, Eric BERNE, père de l’Analyse Transactionnelle, nous parle des  fameuses « trois soifs » qui nous animent, et qui créent un manque si elles ne sont pas nourries correctement. Notamment dans notre vie au travail. Pour rappel, il y a :

Les « positions de vie » en analyse transactionnelle

Les positions de vie sont issues du besoin que l’on a dans l’enfance puis dans l’âge adulte, de nous positionner et de nous situer, nous et notre valeur, par rapport aux autres et au monde.

En fonction de la position de vie que j’ai choisie dans l’enfance, je vais avoir des croyances, faire des choix et provoquer des situations qui vont aller dans son sens et confirmer ce choix, tout au long de ma vie.

Une position de vie est donc faite de deux composantes :

  • la première qui indique la perception que j’ai de ma propre valeur (valeur positive « OK+ » ; valeur négative « OK -»).
  • La seconde qui indique la perception que j’ai de la valeur du monde et des autres, et qui s’exprime également sou la forme d’ « OK+ » ou « OK -».

Les quatre combinaisons des positions de vie sont donc :

  • OK+/OK+

Je reconnais que j’ai de la valeur, et que les autres aussi. Je suis un gagnant dans un monde gagnant. Cette position de vie laisse sa place à toutes les émotions majeures, qui sont considérées comme constructives. Je suis dans une attitude de confiance, d’équilibre et d’ouverture. Je suis aussi assez équilibré pour ne pas me laisser tenter par les jeux psychologiques. Je traite les problèmes par la médiation, le dialogue, la justice et la négociation. Je sais accorder et accueillir des signes de reconnaissance simples et sincères, en fonction des personnes et des situations.

  • OK+/OK-

Je me sens supérieur aux autres. Je ne crois qu’en mes propres valeurs. Les autres ont besoin de moi pour les guider, les aider ou les protéger. J’adopte volontiers une attitude d’agression, de domination ou d’arrogance et me montre souvent critique et méprisant. Dans un jeu psychologique, je me positionne plutôt en sauveur ou en persécuteur. La fierté et la colère sont mes sentiments dominants. J’accorde des signes de reconnaissance avec condescendance, mais je m’en adresse surtout à moi-même. Je ne les accepte pas à mon tour quand ils n’émanent pas d’une personne que je considère comme importante. C’est un peu Zlatan qui s’exprime en ces termes : « La France est un pays de merde qui ne mérite pas le PSG » (oui m’enfin bon…il était énervé contre l’arbitre…J)

  • OK-/OK+

Je suis inférieur au monde. Je n’ai pas confiance en moi et en mes capacités, je doute de ma valeur, et je laisse le pouvoir aux autres de normer et de juger à ma place. J’éprouve souvent un sentiment d’admiration pour les autres, de culpabilité, de honte, de peur ou de tristesse. Dans un jeu psychologique, j’adopte volontiers le rôle de victime. Je fuis souvent les problèmes. Je donne des signes de reconnaissance souvent flatteurs pour les autres, mais les reçois à mon tour avec gêne, doute, et les refuse même parfois. J’ai tendance à minimiser mes succès.

  • OK-/OK-

Cette position de vie m’empêche d’envisager toute solution aux problèmes ou toute forme de relation ou d’action constructive. La confiance en est absente de manière générale, et les sentiments et attitudes les plus présents sont ceux de la résignation, de la tristesse, du cynisme, de l’agressivité voire de la violence. Dans un jeu psychologique, je prends plutôt le rôle de victime ou de persécuteur. Je me lamente devant les problèmes et n’essaie pas de les résoudre. Je ne sais pas donner ou recevoir de signes de reconnaissance, sauf par la négative, le sarcasme, l’ironie ou le dédain.

Position de vie existentielle et position de vie sociale

Nous pouvons choisir d’avoir deux positions de vie principales. L’une sera notre position de vie « existentielle », et l’autre sera notre position de « vie sociale ». D’ailleurs, elles ne seront pas forcément les mêmes.

Notre position de vie existentielle est celle que l’on choisit tôt dans l’enfance, et qui donnera une certaine orientation de nos croyances fondamentales et aux sentiments qui nous guideront, y compris à l’âge adulte. Elle a plutôt vocation à rester intérieure.

Notre position de vie sociale, au contraire, sera celle qui sera observable par les autres, via nos comportements.

L’utilisation des positions de vie en coaching

Le rôle du coach est d’aider son client coaché à intégrer de plus en plus de « OK+/OK+ » dans son fonctionnement, et ainsi l’aider à mettre en place un terreau fertile pour la coopération, la créativité et un leadership plus puissant.

Le coach pourra par exemple présenter ce modèle à son client coaché, et l’interroger sur sa perception de lui-même vis-à-vis des autres. Il pourra aussi lui faire conscientiser en quoi l’adoption de cette position de vie influe sur son fonctionnement relationnel, mais aussi avec lui-même en termes sur des problématiques de confiance en soi, de prise de risque, de résistance aux succès ou de remise en question par exemple.

Et vous, dans quelle position de vie vous reconnaissez-vous  le plus ?
Si vous souhaitez en apprendre davantage sur l’Analyse Transactionnelle, commencez par ce classique d’Eric BERNE :

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Á propos de l'auteur: Bérangère Touchemann

Bérangère Touchemann est l'heureuse fondatrice du cabinet de coaching professionnel Touchemann & Co, qui forme et accompagne les managers, dirigeants et collaborateurs à potentiel dans le développement et la croissance de leur entreprise par ses Femmes, ses Hommes et ses équipes. Comme Charles Darwin, elle pense que l'organisation qui survivra ne sera pas forcément la plus forte, mais celle qui aura su s'adapter...

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